Vient la nuit où le ciel se couche sur la plaine
Et la couvre sans bruit de sa blancheur féconde
Elle prend sous ses mains sa forme douce et ronde
Qui bombe à la clarté d’une lune haute et pleine
Fatigué par le jour que le soleil innonde
L’hiver s’agrippe encore ainsi qu’une mitaine
Crispée dessus la terre en une étreinte vaine
Et se retire enfin sous les neiges qui fondent
Gorgée de vie nouvelle engourdie par l’effort
D’un amant inconnu donné jusqu’à la mort
La campagne respire et s’étire en tout sens
Lui déjà est parti sans plus de consistance
Qu’un songe d’une nuit qu’un dernier vent du nord
Emportant avec lui les souvenirs du corps






