Essai (et mettre à mort la page blanche)

(Mal assis sur un banc, la plume bien encrée.)

Attendre doucement que le silence se fasse,

Allongé sur la grève, que la ville s’efface

Au profit, -yeux fixés sur secrète blessure-

S’il te plait, mon ami, d’un son un peu plus pur.

Muet par la page blanche en sa fierté dressée,

Partir en Erhytré, d’un coup ensorcellé,

Et laisser remonter des rythmes fracassants,

Les coucher sur la toile en gestes déroutants.

Une longue minute. Le doux guerrier en tremble encore.

Poéte illuminé il a mis des accords

Qui loin de l’apaiser le propulsent au dehors.

Dans la ville essouflée, sa voix est éraillée.

  • > Essai (et mettre à mort la page blanche) 18 mars 2003 21:12, par Camille Fleur

    Page Blanche

    S’il fallait écrire le vide, ce serait

    Facile. L’heure tourne et le baton de craie

    Est moite entre les doigts de l’élève qui sèche

    Sous le regard du maître, armé comme une flèche

    S’il fallait inventer le néant, ce serait

    Trop simple. Le temps passe et le ruban est frais

    Tendu entre les bras sans vie de la machine

    Sous les mains de l’auteur que l’horloge taquine

    Soudain une idée perce à travers la mémoire

    Le trait reprend son cours le long du tableau noir

    Et la leçon défile à nouveau du début

    Soudain une parole arrive claire et franche

    Les lettres de nouveau frappent la page blanche

    Et l’histoire poursuit son fil interrompu

    • le poète et le monde... 19 février 2004 17:42, par johnathan

      L’énergie traversant les orifices de l’âme,

      Se contorsionne dans les déserts spirituels libérés des blâmes…

      S’envole vers la mort, lâchant les charmes de la beauté,

      Distinguant ainsi l’homme pour son avidité aux traces sensibles du passé

      Quand l’ouvrier de la pensée en fait son karma

      Le poète s’expose vicieusement aux lames gelées du trépas

      Le raisonnable, dans sa douce offense, se pâme dans les splendeurs de l’illusion

      Tandis que les pulsions de l’absent naviguent sur les entrailles de la fécondation

      Horizon lointain dans les brumes de l’universel,

      Cette âme multiple en donnant son appel,

      Reçoit dans les lumières de la candeur naturelle

      Les familiarités d’une volupté fraternelle

      Anéanti par son absence d’identité,
      Ce vagabond de l’invisible, chauffant son originalité

      Offre cette lucidité vitale à son esprit étranger

      Qui, dans sa tumultueuse floraison, s’assèche devant l’humanité !

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