Les Français toujours plus joueurs !

Les Français consacrent toujours plus d’argent au jeu. Qu’il s’agisse de jeux de hasard ou de courses hippiques, les caisses des divers opérateurs de jeux en France ne cessent de se remplir : en 2006, chaque jour, les Français ont dépensé 55,6 millions d’euros, soit l’équivalent du prix d’un Airbus A-319 ou de la construction de deux lycées en Ile-de-France. En quatre ans, le budget quotidien des Français consacré au jeu a augmenté de plus de 8 millions d’euros.

Sur l’année 2006, les trois grands opérateurs placés sous le contrôle de l’Etat (qui détient le monopole des jeux) ont enregistré une recette de 20,3 milliards d’euros : l’opérateur a engrangé 9,5 milliards d’euros, le PMU 8,1 milliards et les 193 casinos de l’Hexagone 2,7 milliards. Ce bilan n’intègre cependant pas les recettes des jeux clandestins et des jeux d’argent sur internet, comme le poker, auquel s’adonnent chaque jour des dizaines de milliers de Français.

Dans ce bilan 2006, c’est La Française des Jeux (FDJ) qui tire les plus grands bénéfices, notamment grâce à l’Euro Millions (1) : la FDJ a augmenté son chiffre d’affaires de 6,1% par rapport à 2005 alors que le PMU ne progresse que de 1,2%, malgré une augmentation du nombre des courses proposées aux parieurs. Enfin, les casinos ont connu leur plus faible croissance depuis quinze ans.

Face à la vogue croissante des jeux en France, le gouvernement a installé en février 2006 le Comité consultatif pour la mise en oeuvre de la politique d’encadrement des jeux et du jeu responsable (Cojer). Celui-ci est chargé de se prononcer sur le plan d’actions de la FDJ pour "prévenir le jeu excessif et favoriser la pratique raisonnable du jeu". De même, le gouvernement va interdire, par décret, aux jeunes de moins de 18 ans, l’accès à la vingtaine de jeux de tirage, de grattage ou de pronostics de la FDJ. Enfin, depuis le 1er novembre, les contrôles d’identité sont obligatoires à l’entrée des casinos pour en interdire l’entrée aux mineurs et aux interdits de jeu.