Au casino de Deauville (Calvados), comme dans les 197 casinos français, il faudra donc montrer patte blanche pour se rendre aux tables de jeu, mais aussi aux machines à sous.
"L’objectif de cette mesure prise conjointement par le ministère de l’Intérieur et la profession est de filtrer les personnes interdites de casino et de lutter contre l’addiction aux jeux", explique Eric Cavil lon, directeur du casino Barrière de Deauville. "Depuis 1987, date de l’autorisation des machines à sous, le contrôle d’identité obligatoire revenait régulièrement sur le tapis. Aujourd’hui, il devient officiel".
Il y a en France quelque 30.000 joueurs interdits de casino "à leur propre demande ou à celle de l’établissement de jeux", précise Olivier Pinie r, directeur du casino de Luc-sur-mer (Calvados), en indiquant qu’il s’agit d’une mesure valable trois ans et renouvelable.
Dans cet établissement du groupe Tranchant qui accueille près de 800 joueurs chaque jour, le contrôle d’identité est clairement expliqué sur de grands panneaux installés aux entrées. "Même s’il y aura une période de flottement, les gens vont vite s’y faire", assure Alexandre Schulm ann, directeur du casino du Havre (Seine-Maritime).
Dans cet établissement comme dans tous ceux du groupe Partouche, une carte à puce sur laquelle figure l’identité complète du demandeur a été mise en place. "Lors de son arrivée au casino, le joueur la glisse dans un lecteur, sa photo s’affiche sur l’écran de contrôle et l’accès est autorisé, ou refusé". Dans les casinos du groupe Tranchant, on a par contre opté pour la biométrie. "Ici, il suffit juste de présenter sa carte et de mettre son index sur la borne et l’empreinte permet l’accès du joueur", explique M. Pini er.
"Pour moi, cela ne change rien, et puis c’est sécurisant", explique tout sourire une joueuse d’une soixantaine d’années, accro des machines à sous deauvillaises. "Et puis je suis ici deux ou trois fois par semaine, tout le monde me connaît déjà", ajoute-t-elle sous couvert d’anonymat. Et même si certains clients assurent "ne pas aimer cela", ce sont en fait les casinotiers qui craignent le plus cette mesure. "Au début, les gens viendront certainement moins souvent, de peur d’avoir l’impression d’être une fois de plus fliqués", redoute Olivier P inier. La profession négocie donc, après la signature du protocole en janvier dernier avec le ministère de l’Intérieur, des compensations comme la gratuité de l’entrée aux salles de jeux de tables et la suppression des cloisons entre ces salles et les espaces machines à sous. Elle discute également de l’acquisition de machines pouvant accepter les billets ou des cartes rechargeables. AP
Sur le web
Un article sur la carte d’identité obligatoire à l’entrée du casino.

