Les Etats-Unis ont pour projet une loi SOPA (Stop Online Piracy Act) contre le piratage, dans la lignée d’Hadopi. A la différence près que si cette loi passe, elle aura des conséquences dramatiques pour les éditeurs de site web, car elle sanctionnera directement les sites web enfreignant un copyright en les blacklistant.
Journée de Black out : 18 janvier 2012
MAJ le 17/1/12.
Pour manifester contre ce projet de loi, une journée de blackout a été organisée. Concrètement, Wikipedia, en version anglaise, n’affiche plus qu’une seule page :

Google quant à lui change son logo et fait un lien vers la page End Piracy, Not Liberty

Qu’est-ce que la SOPA ?
Article écrit le 25 décembre

Deux RT de Discodog m’on fait découvrir la SOPA, le Hadopi-like des Etats-Unis. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela agite le petit monde de la twittosphère, des référenceurs et des éditeurs de sites en cette fin d’année 2011.
Tous criminels ?

La loi SOPA donnera le droit au gouvernement américain comme aux ayant-droits de droits d’auteur de poursuivre en justice tout site suspecté de d’utiliser, modifier ou contrefaire leur oeuvre sans leur consentement. Cela vise clairement le piratage, mais si cette loi passait, les conséquences sur la production de contenus web serait terrible.
En clair, si la SOPA est adoptée, elle modifiera fondamentalement la manière dont le web fonctionne et détruira des millions de blogs, éditeurs, e-commercants et petites entreprises, tous ceux qui auront utilisé une image sans avoir les droits d’auteur par exemple.
Par exemple, si un site est accusé de contenir UN seul contenu ne respectant pas les droits d’auteurs, comme une photo, de la musique, un clip vidéo, le site ENTIER pourra être bloqué par le fournisseur d’accès internet, et surtout sera retiré de l’index des moteurs de recherche. Il ne pourra non plus avoir de relations commerciales avec des entreprises de paiement en ligne (Paypal, Stripe et Square). Cerise sur le gâteau, des peines de prison fermes sont prévues.
Pour en savoir plus sur la SOPA et les problèmes posés par cette loi, rendez-vous sur la page Framablog dédiée à la SOPA.
Le futur SEO sera-t-il un juriste ?
Les sites mise en demeure via cette loi auront une semaine pour se défendre, avant de voir leur site blacklisté : un délai bien insuffisant, sachant l’impact que peut avoir un blacklistage sur un site web, cette loi pourrait avoir des conséquences inattendues sur le métier de référenceur entre autres.
Si cette loi passe, je ne doute pas un instant que les SEO vont passer au crible les sites de leurs concurrents pour trouver l’image ou la petite phrase qui va bien, pour la signaler à l’ayant droit. La bataille du référencement va devenir une guerre juridique : pas certain que cela soit le type de job qui m’intéresse personnellement.
GoDaddy, soutien éphémère et première victime de la Sopa
Le Ministère de la Justice a publié mi décembre 2011 la liste des 142 soutiens officiels à cette loi.
On y retrouve les classiques (Sony, Universal, EMI, Hachette), ainsi que d’autres plus surprenants : Visa, Mastercard, Revlon, L’Oréal, Pfizer, Tiffany’s, ainsi que diverses organisations religieuses...
Liste complète au 21 décembre (en anglais)
En face, heureusement, des acteurs importants d’internet s’opposent à cette loi, dont : Wikipedia, Twitter, Yahoo, Google, Facebook, etc. Ils dénoncent un pouvoir de censure donné à des entreprises "semblable à ce qui se passe en Chine et en Iran".
Cette liste a eu l’effet d’une bombe, notamment pour l’hébergeur GoDaddy, qui, le 23 décembre, a retiré son soutien à cette loi via un communiqué de presse où il reconnait avoir travaillé depuis trois ans sur cette loi (lien).
D’après The Next Web, GoDaddy depuis une semaine perds des centaines de milliers de dollars en raison d’une campagne anti-GoDaddy relayée sur Reddit notamment, qui incite à retirer son site de GoDaddy : plus de 21000 domaines ont été retirés le 23 décembre de GoDaddy. Les chargés de clientèle de GoDaddy appelleraient directement au téléphone les personnes souhaitant changer d’hébergeur pour les "supplier" (dixit l’article de Next Web) de rester.
La pression des internautes américains s’est organisée autour du site GoDaddyBoycott.org qui enjoint GoDaddy à retirer son soutien à SOPA. Les signataires peuvent indiquer le nombre de domaines qu’ils vont retirer de chez GoDaddy.
Wikipedia, notamment, a annoncé son retrait de GoDaddy sur Twitter le 23 décembre :

Personnellement, ça m’a bien fait rire de voir ces excellentes annonces de la concurrence, le code est génial :

C’est clairement une situation de crise pour GoDaddy, et cela me rassure de voir que les internautes ont encore un peu de pouvoir. Il semblerait que GoDaddy ne soit pas passé dans le camps des anti-SOPA pour autant, l’action menée pour boycotter cet hébergeur continue donc. Une journée a d’ailleurs été organisée, le 29 décembre, pour quitter GoDaddy, le "Leave GoDaddy Day".
Agir contre la SOPA
Journée anti-SOPA mercredi 18 janvier : rejoignez le mouvement sur SOPA STRIKE, vous pourrez même obtenir un backlink !
Si vous vous sentez concernés par les dangers de cette loi, une boîte à outils pour lutter contre la SOPA de l’EFF (Electronic Frontier Foundation) vous permettra de participer au buzz anti-SOPA.
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Pour en savoir plus sur le web
En français :
Article de l’Expansion sur la SOPA
GoDaddy accusé d’obstruction au départ de ses clients
Articles Wikipedia sur la SOPA, sur GoDaddy et sur Jimmy Wales, le co-fondateur de Wikipedia.
En anglais :
GoDaddy soutient la SOPA
Malgré le recul de GoDaddy, Wikipedia maintient sa position
Wired commente ce retournement de veste de GoDaddy







