Nous sommes une génération de vidéomaniaques. A croire que nous ne pouvons plus rien faire d’autre. Nous n’en sommes pas encore à la phase terminale mais nous nous en approchons. Combien de films, d’images, d’histoires engloutissons nous par semaine ? Par mois ? Par an ? Impossible à dire. Je ne critique en aucun cas le fait de regarder certains films qui sont véritablement des œuvres d’art et de culture. Mais, avouons-le, nous ne regardons pas que cela. Quand je dis « nous », "internautes", j’ose espérer que nous n’en sommes pas vraiment et que nous appartenons à une espèce relativement privilégiée, qui justement, n’a pas la seule télévision comme moyen d’accès à la « culture ». Une espèce qui sait encore lire, qui sait écouter des émissions intelligentes, avoir des projets, des idées, des coups de cœur qui la font bouger. Qui la font vivre. En fait, ce que je critique dans cette avalanche de films et d’histoires, c’est le fait d’anesthésier lentement nos consciences. De nous faire perdre de vue la réalité sans même que l’on s’en rende compte. (si je devais absolument argumenter par un exemple bateau : la montée du sentiment d’insécurité du fait d’émissions médiatiques pré-électorales) Bientôt toutes nos voitures posséderont une télé avec le lecteur DVD qui va avec. La voiture était pourtant devenue le nouveau lieu des confidences, des véritables discussions, des moments importants. Après avoir dévoré l’espace du foyer, de la cuisine..., la vidéo s’installe dans la voiture. A-t-on si peu de choses à se dire ? Pour avoir à regarder la télé pendant un voyage... Devient-on si stupide pour vouloir s’enfermer dans un monde d’histoires, au lieu de vivre quelque chose avec celui qui est assis à côté de nous ? Moi je rêve de promenades longues et tranquilles. De celles où l’on se confie, de celles où l’on apprend à aimer. A s’aimer. A vivre. A prendre le temps. Où l’on se cherche. Où l’on se laisse aider pour trouver ce qui nous fera être. Un peu comme un pèlerinage. Vers les autres. Vers nous même. Mais surtout vers la Vie, la vraie.






