Les origines probables de la roulette

Vous vous demandez quelle est l’histoire et l’origine de la roulette ? Bonne question


Comme pour de nombreux jeux, les théories divergent quant à l’origine de la roulette. La plus populaire est qu’elle a été inventée en 1655 par le mathématicien français, Blaise Pascal, lors de sa retraite monacale. Le premier jeu de roulette s’est déroulé dans un casino à Paris.

La seconde est très similaire et affirme simplement qu’elle fut inventée par un moine français aveugle afin de lutter contre la monotonie de la vie monacale.

Selon la troisième théorie, des moines dominicains français ont inventé la roulette, en se basant sur un ancien jeu tibétain qui avait pour but d’organiser 3 statuettes animales en un nombre magique carré de 666. Le jeu tibétain était apparemment originaire de Chine mais malheureusement la règle du jeu n’a pas été consignée. Les moines ont, semble-t-il, créé le jeu en remplaçant les 37 statuettes par des numéros de 0 à 36 et en les organisant de façon aléatoire autour d’une roue tournante.

De ces 3 théories, la troisième semble manquer de fondement mais le thème commun est que le jeu fut inventé dans un monastère en France et l’on peut raisonnablement penser que cela est vrai. Que le moine qui l’ait véritablement inventée soit Blaise Pascale est moins sûr.

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Les ancêtres de la roulette ?

La roulette en français signifie «Â petite roue » ce qui de nouveau indique une origine française du jeu. Cependant, si vous lisez les nombreux sites Web qui présentent un bref historique de la roulette, ils parlent presque tout d’ancêtres prétendument anglais, à savoir : Le «Â Roly Poly », l’«Â Ace of hearts » et l’«Â Even-Odd » et d’ancêtres italiens, à savoir le «Â Biribi » et le «Â Hoca ». Ils écrivent tous la même chose parce qu’ils copient tous ce qu’ils ont lu sur Wikipedia dont les informations sont souvent approximatives.

Examinons de plus près ces ancêtres hypothétiques. Dans un extrait des mémoires de Casanova daté de 1763, il est écrit : « Soudain, toutes les grandes dames sont devenues folles du « biribi », un jeu de triche ordinaire. Il était strictement interdit à Genève, mais cela ne l’a rendu que plus populaire. » Il semble qu’à chaque tour, 3 numéros étaient tirés d’un sac et Casanova continue en écrivant : « Le tableau comptait trente six compartiments, et lorsque l’on perdait, on payait trente deux fois la mise ; cela constituait évidemment un avantage considérable pour la banque. » Comme on peut le constater, bien qu’il existe quelques similarités, il n’y a ni balle ni roue, ce qui signifie qu’il s’agit, selon la description de l’auteur, plutôt d’un cousin lointain que d’un ancêtre de la roulette.

Il semble que le Hoca consistait en un jeu de cartes de trente points et trente balles et qu’il s’agissait plus probablement d’un jeu de carte de type loterie que d’un jeu semblable à la roulette.

L’« Ace of Hearts » était, selon « Games, Gaming and Gamester’s Law » de Brandt, un autre nom pour le jeu « Bone-Ace », clairement décrit par Charles Cotton. Il s’agit tout simplement d’un jeu d’argent le plus simple possible, dans lequel les joueurs parient sur la valeur de la carte que le donneur retournera. Ce jeu ne ressemble pas à la roulette.

L’Even-Odd (E.O), d’un autre coté, était un jeu composé d’une roue et d’une balle tout comme la roulette mais à la place des numéros, il ne comprenait que 20 sections marquées de la lettre E pour Even (pair) et de 20 autres marquées de la lettre O pour Odd (impair). A la place du zéro, une partie des sections était allouée à la maison. Le jeu semble être rapidement devenu populaire vers 1770 jusqu’à son interdiction par la loi, aux alentours de 1782. Il s’agit donc d’un ancêtre possible de la roulette. Cependant, il n’existe malheureusement aucune référence à ce jeu antérieures à la roulette. Donc l’E.O. ne peut être l’ancêtre de la roulette que s’il s’appelait également le Roly Poly….

Le Roly Poly est soit un nom alternatif pour l’E.O, soit pour la roulette, selon la source et l’interprétation. Vois ci-dessous une discussion à ce sujet. S’il s’agit d’un nom alternatif pour la roulette alors on ne connaît aucun ancêtre de la roulette. Cependant, si le Roly Poly et l’E.O. ne font qu’un jeu, alors l’E.O. est probablement un ancêtre de la roulette.

Première preuve viable de la roulette

Des documents indiquent que la roulette est apparue au 18è siècle. Comme pour de nombreux jeux, les premières mentions sont fournies dans des documents juridiques interdisant le jeu. Une mention est apparue dans les règlementations pour le nouveau pays de la « Nouvelle France », rebaptisé ensuite Canada. Le décret, daté de 1758, interdit spécifiquement de jouer « aux dés, au hoca, au faro et à la roulette ». La Loi anglaise 18 Geo. II fournit la première mention du mot en 1745 : « Et tandis que certains jeux pernicieux appelés Roulette ou Roly-Poly sont quotidiennement pratiqués… Aucun lieu ne doit servir à jouer à ces jeux de roulette ou de Roly-Poly ».
La première mention de l’E.O. est apparue presque en même temps ”“ en 1750. Chose intéressante, Strutt mentionne en 1801 à la fois l’E.O. et la « Roulette » mais les « tableaux de l’E.O. actuels » ne sont que brièvement cités et il est clair qu’il s’agit d’un jeu bien connu tandis que la « Roulette » n’est citée qu’à partir d’une loi précédente et Strutt, qui nous le savons connaissait bien les jeux en Angleterre, en a déduit incorrectement qu’il s’agissait d’un jeu de cartes. Un magazine sportif de la même époque (1808) désigne la « Roulette » comme étant un « jeu étranger ». Cet auteur déduit que la roulette a disparu ou qu’elle est devenue très rare en Angleterre au début du 19è siècle et qu’elle a été effectivement remplacée par l’E.O. pendant un temps. Cependant au milieu du 19è siècle, la roulette est réapparue en Angleterre et un « Hoyle » de 1875 décrit la roulette mais l’E.O. n’est pas cité, la situation semble donc avoir été inversée trois quart de siècle après.

Qu’est-ce que le Roly Poly ?

La toute première mention dans l’OED de l’un de ces jeux apparaît en 1713 lorsque Arbuthnot John Bull écrit : « commençons par nous divertir : que pensez-vous d’un Rouly-Pouly ou d’une danse country ? » Mais cette hypothèse doit être écartée car Arbuthnot était écossais et l’édition 1894 du Brewers Dictionary of Phrase and Fable nous indique que « dans certaines régions d’Ecosse le jeux nine-pins était également appelé rouly-pouly. »

La première véritable mention date donc de 1730 dans une lettre de la Comtesse de Suffolk : « La Duchesse de Marlborough décide de perdre son argent au roly-poly. » Mention qui ne nous fournit aucune information sur les règles du jeu.

Un livre intitulé « The Fatal Effects of Gambling » (les effets pernicieux des paris), daté de 1824, présente une section intitulée «Description of the newly introduced game of Roulette or Roly Poly » (Description du jeu récent de la roulette ou du Roly-Poly), insinuant ainsi qu’il s’agirait d’un seul et même jeu.

Mais dans « Amusements of old London Vol.1 », Boulton dit que l’E.O. « est originaire du continent »”¦ « Au moment où le whist devenait populaire » – il a dit précédemment que cela s’était produit vers 1742 et a ajouté « le Roly Poly, comme était communément appelé le jeu”¦ ». S’il est vrai que le Roly Poly et l’E.O. constituaient un seul et même jeu, alors l’E.O. pourrait prétendre être l’ancêtre de la roulette mais l’apparition du Roly Poly à cette époque semble contredire le fait qu’il s’agissait d’un jeu bien connu en 1730 et donc la crédibilité de cette affirmation semble incertaine.

Cet auteur conclut donc qu’il est plus probable que la Roulette soit arrivée en Angleterre depuis la France au début du 18è siècle où elle était initialement appelée Roly Poly. Après son interdiction en 1745, le jeu similaire de l’E.O. semblait contourner ces lois, et la roulette / le Roly Poly avaient quasiment disparu en 1800, ayant été effectivement remplacés par l’E.O. Mais l’E.O. a disparu à son tour en faveur d’une roulette renaissante en 1875.